Dans 5 féminicides, c’est Noël.

Dans la soirée du 19 décembre 2020, de nouvelles décorations de Noël sont apparues à Liège. Tenez, c’est cadeau.

Je laisse d’abord parler les images. J’essaie de donner quelques éléments de réflexion ensuite. N’hésitez pas à me contacter pour y apporter un complément ou une amélioration et faire évoluer cet article si nécessaire.

Quelques pistes pour approfondir

De quoi parle-t-on quand on parle de féminicide ?

Diana Russell l'utilise publiquement pour la première fois en 1976 lors de son tribunal international des crimes contre les femmes à Bruxelles. Bien que le terme soit déjà connu dans le monde anglo-saxon, Russell y ajoute un sens politique critique et le place dans le cadre d'une politique féministe. Elle affine ensuite la définition du concept, qui devient le « meurtre misogyne de femmes par des hommes », définition qui se retrouve dans l'ouvrage de 1992 de Radford et Russell Femicide : The Politics of Woman Killing (« Fémicide : la politique du meurtre de la femme »). Liz Kelly rajoute ensuite l'idée qu'il s'agit d'une manifestation extrême de violence sexuelle, mettant en évidence la nature genrée de certaines formes de violence envers les femmes, et se focalisant sur ce qu'elle voit comme un désir de l'homme pour le pouvoir, la domination et le contrôle.

Lire la définition complète et plus sur Wikipédia.

En Belgique, il n'existe pas de chiffres officiels sur les féminicides.

Généralement quand j’essaie de parler de quelque chose, j’aime bien avoir des chiffres. Donc quand je suis rentré de mon tour en ville et que j’ai lancé l’import de mes photos, j’ai commencé à chercher des chiffres sur les féminicides en Belgique. Ben, c’est simple : j’ai rien trouvé.

Ce n’est étonnant que si on ignore qu’en 2020 le terme féminicide n’est pas encore intégré au code pénal. En attendant, une grande partie de la société se voile la face et continue à parler du romantique crime passionnel, ou de drame familial. Ce qui est bien pratique pour subtilement supprimer l’aspect de domination dans l’acte d’un homme de tuer une femme parce qu’il pense qu’elle lui appartient.

Vu que les autorités ne se bougent pas trop, il y a des initiatives comme le site Stop Feminicide Belgium qui recensent les féminicides. Et c’est pas joli.

Au moins 128 féminicides en 3 ans.

Visiblement « la passion » tue plus que le terrorisme, mais c’est moins sexy dans les agendas politiques. C’est con quand même.

Un article des Grenades fait un peu le topo.

En Belgique, il n'existe pas non plus de chiffres officiels sur les viols.

Ici aussi, il semble qu’on préfère rester dans le flou. Pourtant, le terme viol est, lui, bien reconnu et devrait donc être étudié en tant que tel, avec des statistiques claires et disponibles. Du coup, il faut se référer à des sondages tels que celui d’Amnesty International et SOS Viol publié en mars 2020. Allez lire les chiffres, vous verrez c’est édifiant.

Avec le COVID-19, les violences faites aux femmes augmentent.

Après c’est aussi le cas quand c’est la finale de l’UEFA League ou de la Coupe du Monde. À croire que toutes les occasions sont bonnes pour être une merde.

Si vous vous attendiez à un ton objectif, vous vous êtes trompé d’endroit. Écrire cet article est en train de m’énerver et je vais donc me contenter de vous mettre le lien vers un autre article des Grenades sur le sujet.

Un petit mot sur le patriarcat.

Si les violences subies par les femmes et celles subies par les LGBTQIA+ ne sont pas comparables, le tableau ne serait pas complet sans un mot sur l’homophobie et la transphobie.

Quand la DH titre « Plus de 1500 actes homophobes perpétrés en Belgique en dix ans », on est en devoir de se demander combien de ces actes n’ont pas été signalés et/ou répertoriés.

Ces violences sont différentes de part leurs spécificités mais elles trouvent leur origine commune dans le patriarcat.

Un système basé sur la croyance qu’il n’existerait que des hommes et de femmes et que tout le spectre d’identité de genre se trouvant entre ou autour de cela ne serait pas naturel et devrait être réprimé (quand il n’est tout simplement pas nié).

Un système basé sur la croyance que les hommes sont naturellement supérieurs et devraient donc pouvoir régner en tant que tels avec des droits supérieurs, des privilèges, et tout le package.

Tout va bien.

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